Olivier Ducatillion, de la dentelle au lin, un patron qui défend le «Carpe Diem ou Enjoy Life»
La Voix du Nord, Publié le 25/01/2014
Par Catherine Quételard
Olivier Ducatillion a la bosse du commerce. Après vingt ans dans la dentelle à Calais, il promeut le lin. Patron de Lemaitre-Demeestere à Halluin, il vient d’être décoré de l’ordre du Mérite. Rencontre avec un Nieppois quinquagénaire qui adopte la devise « Carpe diem ou Enjoy Life » et se verrait bien dans quelques années reprendre un club sportif.
Un jeune homme pressé. Olivier Ducatillion qui tient à son double « i » (prononcer lion) n’a pas chômé depuis sa sortie de l’École supérieure de commerce, en 1986, à 22 ans. Après deux ans de marketing dans la banque puis à La Redoute, sa présidence des anciens élèves lui ouvre des portes. Une opération de communication le met en contact avec Courteaulds, entreprise anglaise de textile qui rachète Desseilles à Calais. « Je vous veux », lui dit le PDG. Olivier qui habite la métropole lilloise n’hésite pas deux minutes. Il ira vendre de la dentelle à Calais mais bougera souvent en devenant responsable de la zone export. Ce Douaisien dont la maman est italienne maîtrise aussi cette langue en plus de l’allemand et de l’anglais. « J’ai 25 ans et j’ai fait trois fois le tour du monde » sourit-il.
En 1996, un client, Antinéa, une PME de lingerie, est à céder. Il réside un an à Paris. C’est un feu de paille. Retour dans la dentelle, toujours version lingerie, à Calais, chez Brunet. Avec deux autres cadres il rachète la société en 2001 et bagarre pour la survie de l’activité, tout en installant une usine en Thaïlande. Quand la société est rachetée par une société hongkongaise adossée à un groupe chinois, il reste PDG pour un an et apprend que Desseille dépose le bilan. « Avec deux anciens salariés on propose un projet de reprise ». Approchés par un fonds estonien, ils font une offre commune et prévoient la sortie, « après avoir remis la boîte dans les clous ».
« Mon tempérament et le statut d’actionnaire minoritaire font que je me dis : il faut que je trouve mon business ». C’est chose faite avec le rachat de Lemaitre-Demeestere, avec l’ancien propriétaire. « Du généraliste en fibre naturelle lin et coton, moyen et haut de gamme », Olivier Ducatillion fait « LE spécialiste du lin français pour l’ameublement ». Cela remonte aux oreilles du ministère du redressement productif qui met à l’honneur son dirigeant. Le ruban bleu est une reconnaissance familiale pour celui dont l’épouse, Dorothée, nieppoise, polyglotte aussi, est en charge de l’export, de l’échantillonnage et du tout nouveau magasin d’usine tandis que son beau-frère s’occupe du nouveau site internet (ww.lindefrance.com) de vente aux particuliers.
Cette vie bien remplie – Olivier est papa de trois filles – ne lui interdit aucun projet. Il a dirigé trois ans le LOSC, de 1992 à 1995. « J’étais trop jeune », regrette celui qui adore les sports collectifs de balle et de raquette. « Dans quelques années je reprendrais bien un club, démarrer à un petit échelon, faire progresser ». Quand la passion d’entreprendre vous tient, c’est aussi de l’appétit de vivre : Carpe Diem, comme dans Le Cercle des poètes disparus, ou Enjoy Life sont ses devises.







