L’histoire méconnue de l’ancienne prison de Nieppe 
Par la rédaction pour La Voix du Nord, Publié le 03/11/2015
Daniel Terrier (CLP)
La municipalité a décidé de déménager les bureaux de la police municipale du Château à l’ancienne prison, située derrière l’église Saint-Martin. Un local qu’occupaient les associations Nieppe je marche et Grain de sel. Si ces dernières ont déjà été relogées dans la conciergerie du Château, la police municipale, elle, s’installera dès la fin des travaux de réfection des locaux. Nous avons essayé de retracer l’histoire de ce lieu. Une tâche difficile.

Le plafond vouté à l’étage est encore en briques
Nous avons en effet très peu d’éléments et de témoignages sur le vécu de cette ancienne prison. Né en 1926, Jean Fermaut aura 89 ans le 4 décembre. Il se souvient : « Mes parents occupaient la première ferme, rue de Bailleul, à la sortie de Nieppe. Ils avaient aménagé un local dans l’écurie pour accueillir les vagabonds pour passer la nuit. Ils leur donnaient de la soupe, du pain et un morceau de lard. Pour dormir, les SDF de l’époque, souvent avinés, devaient remettre leur briquet et allumettes afin d’éviter qu’ils mettent le feu dans l’écurie. Un soir, j’étais encore très jeune adolescent, l’un d’eux refusa de les remettre. Mon père a appelé Julien Houvenaghel, le garde champêtre. Celui-ci décida d’emmener l’individu à la prison et me pria de l’accompagner, par sécurité. Je vis pour la première fois cette prison. Je me souviens des gros barreaux, de la barre et surtout du gros cadenas qui fermaient la grille. Je fus alors très impressionné. Plus tard, le local a servi à entreposer la pompe à main à incendie des pompiers et de local de dépannage. »

l’accueil du bureau de police se fera au rez de chaussée
Un commissaire de police a été en fonction dans la commune entre 1891 et 1921 (lire ci-dessous). Le 21 juin 1921, une délibération du conseil municipal envisageait la suppression du poste par mesure d’économie. Le sous-préfet a écrit au maire le 23 août pour ajourner cette décision à cause du tramway reliant Nieppe à Armentières, due la densité de déplacement de la population qui travaillait dans la ville voisine (tissages) et surtout pour la proximité de la frontière belge. La mesure sera finalement effective le 9 février 1926. Le commissariat était-il à l’emplacement ou à proximité de cette prison ?
On sait que la prison n’était plus en fonction lors de la Seconde Guerre mondiale. Un devis pour la reconstruction de la prison du Pont de Nieppe, fourni par l’architecte Watier de Lille, a été présenté le 31 août 1923, mais nous n’avons aucune trace officielle de la prison située « au village ».
Si vous disposez d’informations sur cette ancienne prison, n’hésitez pas à nous contacter.
Tél. 03 20 17 97 97. Email : armentieres@lavoixdunord.fr ou à Daniel Terrier 06 62 41 52 32 Email: terrier_daniel@orange.fr
Quand Nieppe comptait un commissaire de police
Un commissaire de police existait de 1891 à 1928 dans la commune. Au siècle dernier, la loi imposait aux communes de plus de 5 000 habitants, prenant alors le titre de ville, de se doter d’un commissariat. Nieppe avait atteint ce seuil en 1882, mais le conseil municipal n’était guère pressé de souscrire à cette obligation.
Lors de la séance du conseil municipal du 16 juin 1888, il refusa l’installation en question mais dû s’incliner devant la volonté des autorités. Le premier commissaire fut nommé par arrêté préfectoral le 6 février 1891. Quatorze commissaires lui succéderont. Ernest Talou, candidat civil admis commissaire stagiaire, fut le dernier nommé, le 11 décembre 1925.
En 1924, la prison fut supprimée, une autre qui avait été prévue en supplément au Pont, rue Sadi-Carnot ne fut pas réalisée. Depuis 1928, il ne sera plus fait mention du commissaire de police à Nieppe. Nous n’avons trouvé aucune trace faisant mention du lieu où se trouvait le local de la police.





