Vanderschooten, cette confection qui livre l’Élysée et des hôtels cinq étoiles
Pour La Voix du Nord, Publié le 16/06/2015
Par Catherine Quételard, Photos Thomas Lo Presti 
Ce mardi, Bernard Vandeerschooten ouvrait les portes de l’atelier de confection aux clients de la Camif, enseigne qui renouvelle son tour du Made in France. Draps, taies, housses de couette ou nappes étaient cousus devant nous pour partir étoffer lits et tables prestigieuses ou plus quotidiennes.
Debout, dans un mouvement tournant elle lance la housse de couette, juste retournée par une machine volumineuse. Non loin, les piqueuses, assises, ajustent l’élastique dans les coins du drap-housse. Les taies sont passées au point de bourdon. Pas de temps mort dans l’atelier qui vit au rythme sonore des machines.
Si le tissage, premier métier des Vanderschooten, entreprise familiale née en 1947, est abandonné depuis 2006, devant la concurrence pakistanaise, la confection passe encore par des mains nieppoises expertes et rapides.
Les « palettes » de tissu arrivent après passage à la teinture (chez Feutrie, à Sailly) ou à l’impression, en Italie, selon des motifs de créateurs maison. Dans ces paumes, surtout féminines, passent coton, lin, métis, satin ou coton-bambou et microfibre de polyester, des nouveautés.
Nostalgie pour les machines à coudre
Deux secteurs se partagent l’atelier : la production en grandes séries pour des clients de taille conséquente et celle en plus petites séries voire sur-mesure pour des marques telles Alexandre Turpault qui équipe les suites d’hôtels cinq étoiles, les tables de l’Élysée, celles du chef cuisinier Michel Guérard ou encore des yachts privés. Là les tables de coupe remplacent les machines et derrière la machine à coudre, on brode les jours Venise à barreaux ou Régence. Tout le beau linge du trousseau de nos grands-mères… Qui part désormais pour Houston, Denver, Lausanne, la Corée du Sud, l’Iran ou Nouakchott… On peut le trouver dans des corners au Bon Marché, au Printemps, aux Galeries Lafayette, chez Harrods, Isetan, Salam Studio et autres grands magasins de par le monde.
Les visiteurs, des clients invités par la Camif, en plein tour du Made in France, étaient admiratifs de ce savoir-faire conservé, avec une certaine nostalgie pour ces machines à coudre Singer ou Cornely, savamment entretenues parce qu’« elles ne se fabriquent plus », signale Bernard Vanderschooten. Attentif à la qualité et à la fabrication française, le repreneur de la Camif, en 2009, Emery Jacquillat, a placé ce deuxième tour de France sous le signe de l’innovation. La Camif, un client historique de Vanderschooten, née aussi en 1947.
L’entreprise en chiffres
60, le nombre de pays dans lesquels Vanderschooten exporte. Plus de 50 % de sa production dans le haut de gamme est exportée.
200, c’est le nombre de salariés dont 150 sur le site nieppois, les autres étant basés à Paris. Parmi eux, 50ouvriers (surtout des femmes). Les autres employés sont au marketing, à la création, à la logistique, au commercial et à la communication.
3, c’est le nombre de sites de vente sur Internet grand public : Essix, Alexandre Turpault, Nina Ricci.
1 000, c’est le nombre de pièces à partir duquel on parle de grandes séries.
15 minutes, c’est le temps mis par une ouvrière pour réaliser le jour Venise sur une taie (elle doit en faire quatre à l’heure).
12, le nombre d’usines visitées par la Camif dans son tour du Made in France





