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La libération de Nieppe, le 6 septembre 1944, aura coûté la vie de trente-huit Français

Pour La Voix du Nord, Publié le 01/09/2014

Alain Fernagut (CLP)

Soixante-dix ans après la Libération, La Voix du Nord vous fait revivre les temps forts de cette époque. Aujourd’hui, la libération de Nieppe.

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Le samedi 2 septembre 1944, en début d’après-midi, une douzaine d’hommes de la Résistance attaquent les sentinelles allemandes qui gardent le pont de chemin de fer de la ligne Lille-Dunkerque, avec l’intention de s’en emparer.

Leur mission était de s’opposer à une destruction de l’ouvrage afin de faciliter l’avance des Alliés. Ils avaient vu juste car ils y découvrent des explosifs destinés à le faire sauter.

Le lendemain dimanche, vers 10 h, un détachement allemand, armé d’un canon anti-char et venant d’Armentières, tente de se rendre maître du pont de Nieppe, mais devant la défense opiniâtre des résistants, il est forcé de reculer. Mais vers 21 h, un half-track allemand, armé d’un canon et d’une mitrailleuse, arrive de Nieppe et traverse le pont en force. Une nouvelle tentative allemande se produit encore au cours de la nuit pour s’emparer du pont, mais elle n’aboutit pas.

Un combat coriace

Le lundi 4, à l’aube, une nombreuse troupe ennemie, arrivant d’Armentières, s’avance sans méfiance apparente. Au moment où elle franchit le pont, des FFI (Forces françaises de l’intérieur) tirent quelques coups de mitraillette, tout en leur ordonnant de déposer leurs armes. Surpris, et stupéfaits d’être tombés dans ce piège, les Allemands s’exécutent. Les résistants viennent de faire une soixantaine de prisonniers.

Vers 10 h, un nouveau détachement allemand, venant de Nieppe, arrive à hauteur de l’ancienne brasserie Chieus (aujourd’hui la cité Jean-Moulin). Cette fois-ci, le combat est plus coriace et fait quelques victimes. Cependant, les résistants sont victorieux et 30 hommes sont encore faits prisonniers. Dans l’après-midi, des Allemands, venant par la rue de la Lys et se dirigeant vers Armentières, tentent encore de déloger les FFI au moyen de canons anti-aériens, mais ce nouvel assaut est également repoussé.

Tandis que tout le monde attendait l’arrivée des Alliés, personne ne se doutait que d’importants renforts allemands s’approchaient de la ville, venant du bourg de Nieppe. Et cette fois-ci, il s’agissait d’une colonne de SS bien armée et bien organisée, la 304e compagnie. À leur façon de se déplacer, il était évident qu’ils avaient été alertés de ce qui se passait à Nieppe. Poussant devant eux deux civils : Maurice Fertein et Jean Houvenaghel, qui eurent l’imprudence de se montrer trop curieux et d’entrouvrir leurs portes.

La venue de De Gaulle

L’inquiétude s’empare alors des résistants qui se rendent compte qu’il est plus raisonnable de se replier, face à un combat inégal. La plupart s’enfuit par la Belgique, d’autres le long de la Lys, mais certains, pris en tenaille par les Allemands sont finalement pris et aussitôt fusillés. Les SS libèrent ensuite les soldats prisonniers et, par mesure de représailles, s’emparent de 18 hommes qui logeaient dans les baraquements de la rue des Écoles. Le lendemain, ils furent fusillés. Puis les Allemands font sauter les deux ponts.

Le mercredi 6 septembre, les premiers soldats britanniques arrivent et sont accueillis avec joie. Mais la libération de la ville avait fait 38 victimes : 20 FFI et 18 civils. Le mémorial, inauguré le 2 septembre 1951 par le général De Gaulle, rappelle cet événement tragique

 

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